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<title>Colette, <i>Sido</i> : Chez la voisine</title>
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<h1>LES SECOURS DE FRANCAIS</h1>
<ul class="navig">
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<li><a href="texte7.html">Suivant</a></li>
<li><a href="index.html">Sommaire</a></li>
</ul>
<h2>Colette, <i>Sido</i> : Chez la voisine</h2>
<h3>Le texte</h3>
<div class="prose">
<p>– Maintenant va ! Donne les ancolies doubles à Adrienne Saint-Aubin. Le reste à qui tu voudras, dans notre voisinage. Sur l’Est, il y a quelqu’un de malade, la mère Adolphe… Si tu entres chez elle…</p>
<p>Elle n’avait pas le temps de finir sa phrase que je reculais, d’un saut, renâclant comme une bête devant l’odeur et l’image de la maladie… Ma mère me retenait par le bout d’une de mes tresses, et son soudain visage sauvage, libre de toute contrainte, de charité, d’humanité, bondissait hors de son visage quotidien. Elle chuchotait :</p>
<p>– Tais-toi !… Je sais… Moi aussi… Mais il ne faut pas le dire. Il ne faut jamais le dire ! Va… Va maintenant. Tu t’es encore mis cette nuit un papier à papillotes sur le front, hein, mâtine ? Enfin…</p>
<p>Elle lâchait ma rêne de cheveux, s’éloignait de moi pour me mieux voir :</p>
<p>– Va leur montrer ce que je sais faire !</p>
<p>Mais, quoi qu’elle m’eût recommandé, je n’entrais pas chez la malade de l’Est. Je passais la rue comme un gué, en sautant de l’un à l’autre caillou pointu, et je ne m’arrêtais que chez la singulière amie de ma mère, chez « Adrienne ».</p>
<p>Les enfants et les neveux que celle-ci a laissés n’auront pas gardé d’elle un souvenir plus vif que n’est le mien.</p>
<p>Vive, guetteuse et somnolente, un bel œil jaune de gitane sous les cheveux crépus, elle errait avec une sorte de lyrisme agreste, une exigence quotidienne de nomade. Sa maison lui ressemblait par le désordre et par une grâce qui se refuse aux sites et aux êtres policés. Pour fuir l’humide et funéraire pénombre, la verdure étouffante, roses et glycines, dans son jardin, escaladaient les ifs, gagnaient le soleil par des efforts d’ascension et des dépenses d’énergie qui réduisaient leurs tiges-mères, étirées, à une nudité de reptiles… Mille roses, réfugiées au sommet des arbres, fleurissaient hors d’atteinte, parmi des glycines à longues gouttes de fleurs et des bigonniers pourpres, victorieux ennemis des clématites épuisées…</p>
<p>[...] Sous cette chevelure, la maison d’Adrienne suffoquait aux heures chaudes. Sûre d’y trouver des piles de livres éboulés, des champignons cueillis à l’aube, des fraises sauvages, des ammonites fossiles, et, selon la saison, des truffes grises de Puisaye, je m’y glissais à la manière d’un chat. Mais un chat hésite, et demeure interdit devant un plus chat. La présence d’Adrienne, son indifférence, un secret étincelant et bien gardé au fond de ses prunelles jaunes, je les supportais avec un trouble chagrin que je cotais peut-être à son prix. Elle mettait, à me négliger, une sorte d’art sauvage, et sa bohémienne, son universelle indifférence me blessait comme une rigueur d’exception.</p>
<p>Oubliée chez Adrienne entre des cubes vacillants de livres – toute la collection de la Revue des Deux-Mondes, entre autres – entre les tomes innombrables d’une vieille bibliothèque médicale à odeur de cave, entre des coquillages géants, des simples à demi secs, des pâtées de chat aigries, le chien Perdreau, le matou noir à masque blanc qui s’appelait « Colette » et mangeait le chocolat cru, je tressaillais à un appel venu par-dessus les ifs entravés de roses et les thuyas étiques que paralysait un python de glycine… Dans notre maison, surgissant d’une fenêtre comme pour annoncer le feu ou les voleurs, ma mère criait mon nom… Étrange culpabilité d’une enfant sans reproche je courais, j’apprêtais un air simple, un essoufflement d’étourdie…</p>
<p>– Si longtemps chez Adrienne ?</p>
</div>
<h3>Colette, une femme scandaleuse à son époque</h3>
<p>Colette a eu plusieurs aventures sentimentales féminines au cours de sa vie. Elle était bisexuelle et a eu des relations avec des hommes et des femmes. Colette était très ouverte d'esprit et avait une vision très libérée de l'amour et de la sexualité. Elle a notamment eu une relation avec la chanteuse et actrice Missy, qui a été une de ses inspirations pour le personnage de "Chéri" dans son roman "Chéri et la Fin de Chéri". Colette a également eu une relation avec la comédienne Gabrielle Réjane, qui a joué le rôle principal de la pièce de théâtre "La Vagabonde", écrite par Colette. Colette a aussi été très proche de la poétesse Marie Bell, avec qui elle a eu une relation passionnée et qui a inspiré plusieurs de ses œuvres. Colette était une femme indépendante et libre et elle a vécu ses relations amoureuses de manière très personnelle et très libre.
<h3>Le vocabulaire</h3>
<h3>Les champs lexicaux</h3>
<h3>Les figures de syle</h3>
<h3>Les idées : explication linéaire</h3>
<div class="resume">
<h3>En résumé</h3>
Résumé du cours (à éditer)...
</div>
<h2>Exercices</h2>
<ul class="pied">
<li><a href="textes.html">Textes</a></li>
<li><a href="texte5.html">Précédent</a></li>
<li><a href="texte7.html">Suivant</a></li>
<li><a href="index.html">Sommaire</a></li>
</ul>
</body>
</html>