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Mercure galant, Septembre 1680, Seconde partie, Contenant le Voyage que le R

AVEC PRIVILEGE DU ROY

MERCURE GALANT.

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Leurs Majestez partirent le 5. De Tournay, & prirent le chemin de Valenciennes. Le Roy trouva à une lieuë de Condé, un Camp de cavalerie commandé par Mr de Monbron, & composé de huit Regimens, qui formoient dix-neuf escadrons rangez en bataille sur la mesme ligne, le tout se montant à pres de trois mille chevaux. Ces huit Regimens estoient celuy des Cuirassiers, d’Auger, de Grignan, dep. 203 Piémont-Royal, des Dauphins, de la Valete, d’Orleans, & du Royal-Roussillon. Monseigneur le Dauphin, & Monsieur, salüerent le Roy à la teste de leurs Regimens. Ces Troupes estoient tres-lestes, & tres-bien montées. Sa Majesté les fit défiler par Compagnies, quoy qu’elle les eust déjà examinées le long de la ligne. Elle poursuivit en suite son chemin vers Condé, où Elle ne fut pas plutost arrivée, qu’elle en visita les Fortifications, & fit lâcher les p. 204 Ecluses devant Elle ; apres quoy, sans vouloir se reposer, Elle alla faire la reveuë de la Garnison. Condé est sur l’Escaut, où le Hayne perd son nom. Cette Ville passe pour tres-forte, & n’a pas le quart en terre-ferme, le reste estant environné de Marais. Du costé de Tournay, elle est entourée d’une double Enceinte. La nouvelle qui est extérieure, présente de ce costé-la trois ou quatre Bastions qui défendent la terre-ferme, & qui sont couverts p. 205 de Ravelins, le tout revestu. Du costé des Marais, il y a des Pieces irrégulieres pour s’accommoder au terrain & aux Ecluses. L’Enceinte inférieure & ancienne, est séparée de la nouvelle par un fossé profond, dans lequel passe un Bras de la Riviere. Toute la Cour arriva le soir à Valenciennes, & le Roy y fut reçeu par Mr le Comte Bardi-Magalotti, qui en est Gouverneur, à la teste des Magistrats. Les Ruës estoient tapissées, & bordées d’Infanterie jusqu’à la Maison de p. 206 Comte, où Sa Majesté logea. On avoit fait des Machines d’une invention particuliere, qui sortoient des Fenestres en beaucoup d’endroits, & qui s’avançant dans le milieu du passage, jettoient des Fleurs sur le Carrosse du Roy. Si-tost que la nuit parut, il y eut des lumieres à chaque Fenestre, & on alluma des feux par tout.

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Le 6. Mr de Bonneüil, Introducteur des Ambassadeurs, conduisit à l’Audience de leur Majestez , de Monseigneur le Dauphin, p. 207 de Madame la Dauphine, & de leurs Altesses Royales, Mr de Nassau de Zuilestein, envoyé des Etats Generaux des Provinces Unies, pour complimenter le Roy et toute la Maison Royale, sur leur heureux Voyage.

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Leurs Majestez partirent le 5. De Tournay, & prirent le chemin de Valenciennes. Le Roy trouva à une lieuë de Condé, un Camp de cavalerie commandé par Mr de Monbron, & composé de huit Regimens, qui formoient dix-neuf escadrons rangez en bataille sur la mesme ligne, le tout se montant à pres de trois mille chevaux. Ces huit Regimens estoient celuy des Cuirassiers, d’Auger, de Grignan, dep. 203 Piémont-Royal, des Dauphins, de la Valete, d’Orleans, & du Royal-Roussillon. Monseigneur le Dauphin, & Monsieur, salüerent le Roy à la teste de leurs Regimens. Ces Troupes estoient tres-lestes, & tres-bien montées. Sa Majesté les fit défiler par Compagnies, quoy qu’elle les eust déjà examinées le long de la ligne. Elle poursuivit en suite son chemin vers Condé, où Elle ne fut pas plutost arrivée, qu’elle en visita les Fortifications, & fit lâcher les p. 204 Ecluses devant Elle ; apres quoy, sans vouloir se reposer, Elle alla faire la reveuë de la Garnison. Condé est sur l’Escaut, où le Hayne perd son nom. Cette Ville passe pour tres-forte, & n’a pas le quart en terre-ferme, le reste estant environné de Marais. Du costé de Tournay, elle est entourée d’une double Enceinte. La nouvelle qui est extérieure, présente de ce costé-la trois ou quatre Bastions qui défendent la terre-ferme, & qui sont couverts p. 205 de Ravelins, le tout revestu. Du costé des Marais, il y a des Pieces irrégulieres pour s’accommoder au terrain & aux Ecluses. L’Enceinte inférieure & ancienne, est séparée de la nouvelle par un fossé profond, dans lequel passe un Bras de la Riviere. Toute la Cour arriva le soir à Valenciennes, & le Roy y fut reçeu par Mr le Comte Bardi-Magalotti, qui en est Gouverneur, à la teste des Magistrats. Les Ruës estoient tapissées, & bordées d’Infanterie jusqu’à la Maison de p. 206 Comte, où Sa Majesté logea. On avoit fait des Machines d’une invention particuliere, qui sortoient des Fenestres en beaucoup d’endroits, & qui s’avançant dans le milieu du passage, jettoient des Fleurs sur le Carrosse du Roy. Si-tost que la nuit parut, il y eut des lumieres à chaque Fenestre, & on alluma des feux par tout.

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Le 6. Mr de Bonneüil, Introducteur des Ambassadeurs, conduisit à l’Audience de leur Majestez , de Monseigneur le Dauphin, p. 207 de Madame la Dauphine, & de leurs Altesses Royales, Mr de Nassau de Zuilestein, envoyé des Etats Generaux des Provinces Unies, pour complimenter le Roy et toute la Maison Royale, sur leur heureux Voyage.

Le mesme jour, Sa Majesté monta à cheval, avec Monseigneur le Dauphin ; & apres avoir fait le tour des Remparts de Valenciennes, Elle visita les nouvelles Fortifications que l’on fait dans les Dehors, dont Elle fut fort contente. L’apresdînée, - p. 208 La Reyne, Madame la Dauphine, & Madame, furent régalées par Mr de Noailles d’une magnifique Collation dans le Camp que ce Duc commande. Le soir, des lumieres furent de nouveau mises aux Fenestres. On alluma des Feux dans toutes les Ruës, & on tira dans la Place le Feu d’artifice qu’on y préparoit depuis fort longtemps. Voicy un discours au Roy, des Habitans de Valenciennes sur ce sujet. - p. 209

+ p. 208 La Reyne, Madame la Dauphine, & Madame, furent régalées par Mr de Noailles d’une magnifique Collation dans le Camp que ce Duc commande. Le soir, des lumieres furent de nouveau mises aux Fenestres. On alluma des Feux dans toutes les Ruës, & on tira dans la Place le Feu d’artifice qu’on y préparoit depuis fort longtemps. Voicy un discours au Roy, des Habitans de Valenciennes sur ce sujet. + p. 209


SIRE,

Le Soleil ne se montre jamais à la terre, qu’il ne la remplisse de joye. Ainsi Vostre Majesté, que le monde reconnoist comme un autre Soleil, ne peut honorer cette Ville de sa présence Royale, sans qu’elle porte par tout l’allegresse & l’épanoüissement. Mais SIRE, quoy que le Soleil soit le tres-juste, & le tres-fidelle Portrait de Vostre Majesté, ce n’est pas sous cette brillante Figure, que nous luy applaudirons aujourd’huy.

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p. 210Nos yeux sont trop foibles pour soûtenir de prés les rayons d’un si grand Astre ; & d’ailleurs cette belle Devise, que vos victoires ont porté en mille endroits de la Terre, a jusqu’icy épuisé tant de beaux Esprits, que nous desespérons avec justice d’y pouvoir rien ajoûter de nouveau. C’est Hercule, SIRE, que nous avons choisi pour le dessein de nos Feux, & pour exprimer l’image de Vostre Majesté. C’est le plus fort, & le plus celebre de tous les Héros de la Fable, qui représente p. 211 sans fable & avec vérité le plus grand, le plus valeureux, & le plus triomphant de tout les Monarques du Monde. Hercule soûtenant le Ciel apres le cours de ses travaux héroïques, nous marque le zele infatigable avec lequel Vostre Majesté soûtient les interests de Dieu, & de l’Eglise. Ce zele, SIRE, a paru en mille occasions. L’Heresie, & les Duels exterminez du Royaume ; tant de puissants secours donnez aux autres Princes contre l'Ennemy commun des Chrestiens ; tant d’actions p. 212 glorieuses faites pour la défence, & pour l’accroissement de la Foy, ont fait voir à toute la Terre, que vous estes un Hercule, sur lequel le Ciel de l’Eglise peut sûrement se reposer. Voila, SIRE, le sujet de nos Feux, & la marque de l’allegresse commune pour l’heureuse arrivée de Vostre Majesté. Nous laissons à d’autres Villes le soin d’étaler avec pompe vos Victoires, & vos triomphes, & cette agreable Paix que vous venez de redonner encor à l’Europe. Valenciennes p. 213 se borne à un sujet moins guerrier, mais qui ne doit pas estre moins glorieux à vostre Nom ; & si peut-estre il se trouve ailleurs plus d’appareil, nous espérons qu’on ne verra en aucun lieu plus de zele, ny plus d’attachement pour le service de Vostre Majesté.

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Ces Feux, SIRE, ne sont que les étincelles des flâmes qui brûlent nos cœurs pour la gloire, & pour la prospérité de vostre Personne Sacrée, & il y a cette diférence, que les Feux que nous dressons aup. 214jourd’huy sont artificiels & de peu de durée ; mais ceux qui sont allumez dans nos cœurs n’ont rien qui tiennent de l’artifice. Ils sont tres sincères & tres-fidelles. Ils nous brûleront aussi longtemps, que dureront nos vies, & nous porteront à publier toûjours hautement que nous sommes avec un tres-profond respect.

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p. 210Nos yeux sont trop foibles pour soûtenir de prés les rayons d’un si grand Astre ; & d’ailleurs cette belle Devise, que vos victoires ont porté en mille endroits de la Terre, a jusqu’icy épuisé tant de beaux Esprits, que nous desespérons avec justice d’y pouvoir rien ajoûter de nouveau. C’est Hercule, SIRE, que nous avons choisi pour le dessein de nos Feux, & pour exprimer l’image de Vostre Majesté. C’est le plus fort, & le plus celebre de tous les Héros de la Fable, qui représente p. 211 sans fable & avec vérité le plus grand, le plus valeureux, & le plus triomphant de tout les Monarques du Monde. Hercule soûtenant le Ciel apres le cours de ses travaux héroïques, nous marque le zele infatigable avec lequel Vostre Majesté soûtient les interests de Dieu, & de l’Eglise. Ce zele, SIRE, a paru en mille occasions. L’Heresie, & les Duels exterminez du Royaume ; tant de puissants secours donnez aux autres Princes contre l'Ennemy commun des Chrestiens ; tant d’actions p. 212 glorieuses faites pour la défence, & pour l’accroissement de la Foy, ont fait voir à toute la Terre, que vous estes un Hercule, sur lequel le Ciel de l’Eglise peut sûrement se reposer. Voila, SIRE, le sujet de nos Feux, & la marque de l’allegresse commune pour l’heureuse arrivée de Vostre Majesté. Nous laissons à d’autres Villes le soin d’étaler avec pompe vos Victoires, & vos triomphes, & cette agreable Paix que vous venez de redonner encor à l’Europe. Valenciennes p. 213 se borne à un sujet moins guerrier, mais qui ne doit pas estre moins glorieux à vostre Nom ; & si peut-estre il se trouve ailleurs plus d’appareil, nous espérons qu’on ne verra en aucun lieu plus de zele, ny plus d’attachement pour le service de Vostre Majesté.

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Ces Feux, SIRE, ne sont que les étincelles des flâmes qui brûlent nos cœurs pour la gloire, & pour la prospérité de vostre Personne Sacrée, & il y a cette diférence, que les Feux que nous dressons aup. 214jourd’huy sont artificiels & de peu de durée ; mais ceux qui sont allumez dans nos cœurs n’ont rien qui tiennent de l’artifice. Ils sont tres sincères & tres-fidelles. Ils nous brûleront aussi longtemps, que dureront nos vies, & nous porteront à publier toûjours hautement que nous sommes avec un tres-profond respect.

SIRE,
De vostre Majesté,
Les tres-humbles, tres-obeïssans, tres-fidelles Sujets & Serviteurs, Les Prevost, Jurez, Echevins, & Conseil de la ville de Valenciennes.

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p. 215 Le Dessein du Feu estoit du choix de Mr de Montevecchio, Lieutenant au Regiment Royal Italien. Il représentoit Hercule soûtenant le Ciel. Vous le pouvez voir dans cette Planche. Je l’ay fait graver pour vous en donner des idées plus fortes. La Figure de ce Héros fabuleux avoit vingt pieds de hauteur. On le voyoit dans la contenance d’un Homme qui prend plaisir à porter sa charge, quoy que tres-pesante, pour marquer par là le zele du roi à soûtenir p. 216 le fardeau des interests de l’Eglise. La Massuë & la Peau du Lyon posées negligemment aux pieds de cette Statuë, faisoient connoistre que le Roy abandonne mesme les soins & les marques de ses Victoires, quand il s’agit de prendre party dans la querelle de Dieu. Le Ciel reposant sur les épaules d’Hercule, estoit la Figure de l’Eglise. Le Zodiaque représentoit la Hierarchie Ecclesiastique ; & les Etoiles qui brilloient dans la Machine du Ciel, ainsi que les feux p. 217qui en sortirent artificiellement de toutes parts, estoient les portraits des vœux & des ferventes prières que les Peuples soûmis à la Monarchie Françoise adressent continuellement à Dieu pour la gloire & pour la conservation de Sa Majesté. Le Piédestal sur lequel estoit posée la Satuë d'Hercule, avoit quatre Faces, & chaque Face, une Devise tirée de quelqu’une de ses Armes.

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La première faisoit paroître sa peau de Lyon, & ce p. 218 mot, Terret.

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Hercule portant la terreur par tout avec cette Peau dont il s’estoit revestu pour marque de sa victoire, est la Figure du Roy. Quelques charmes & quelque douceur qu’on trouve dans la Personne de ce Grand Monarque, son nom neanmoins est redoutable à toute la terre, mais particulièrement aux Scélerats, dont il réprime l’insolence par l’autorité de ses Loix, & par la prudente rigueur de sa Justice. Le Lyon Belgique ne pouvoit avoir p. 219 aucun raport avec celuy de Nemée, puis que ce premier, loin de rencontrer la mort dans sa défaite, y trouve sa gloire & son bonheur, & que le Roy l’a moins vaincu pour le dépoüiller que pour l’enrichir. C’est ce que marquoient ces Vers.

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p. 215 Le Dessein du Feu estoit du choix de Mr de Montevecchio, Lieutenant au Regiment Royal Italien. Il représentoit Hercule soûtenant le Ciel. Vous le pouvez voir dans cette Planche. Je l’ay fait graver pour vous en donner des idées plus fortes. La Figure de ce Héros fabuleux avoit vingt pieds de hauteur. On le voyoit dans la contenance d’un Homme qui prend plaisir à porter sa charge, quoy que tres-pesante, pour marquer par là le zele du roi à soûtenir p. 216 le fardeau des interests de l’Eglise. La Massuë & la Peau du Lyon posées negligemment aux pieds de cette Statuë, faisoient connoistre que le Roy abandonne mesme les soins & les marques de ses Victoires, quand il s’agit de prendre party dans la querelle de Dieu. Le Ciel reposant sur les épaules d’Hercule, estoit la Figure de l’Eglise. Le Zodiaque représentoit la Hierarchie Ecclesiastique ; & les Etoiles qui brilloient dans la Machine du Ciel, ainsi que les feux p. 217qui en sortirent artificiellement de toutes parts, estoient les portraits des vœux & des ferventes prières que les Peuples soûmis à la Monarchie Françoise adressent continuellement à Dieu pour la gloire & pour la conservation de Sa Majesté. Le Piédestal sur lequel estoit posée la Satuë d'Hercule, avoit quatre Faces, & chaque Face, une Devise tirée de quelqu’une de ses Armes.

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La première faisoit paroître sa peau de Lyon, & ce p. 218 mot, Terret.

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Hercule portant la terreur par tout avec cette Peau dont il s’estoit revestu pour marque de sa victoire, est la Figure du Roy. Quelques charmes & quelque douceur qu’on trouve dans la Personne de ce Grand Monarque, son nom neanmoins est redoutable à toute la terre, mais particulièrement aux Scélerats, dont il réprime l’insolence par l’autorité de ses Loix, & par la prudente rigueur de sa Justice. Le Lyon Belgique ne pouvoit avoir p. 219 aucun raport avec celuy de Nemée, puis que ce premier, loin de rencontrer la mort dans sa défaite, y trouve sa gloire & son bonheur, & que le Roy l’a moins vaincu pour le dépoüiller que pour l’enrichir. C’est ce que marquoient ces Vers.

Que tu dois de ton sort avoir l’ame charmée,
Fameux Lyon des Païs-Bas !
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MERCURE GALANT.

Plus de force & de renommée,
Que l’Hercule qui fut le compagnon d’Atlas.
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p. 220A la seconde Face du Piédestal estoient des Chaînes, avec ce mot Coërcent.

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Hercule descendu aux Enfers en tira Cerbere, & l’emmena enchaîné sur la terre. C’est un symbole, qui par les chaînes dont ce Monstre fut lié, nous représente les Loix & les Ordonnances, par lesquelles Sa Majesté a arresté la fureur des Duellistes, qui comme autant de Chiens monstrueux, ardens à se déchirer les uns les autres, s’ouvroient l’Enfer à eux-mesmes par leur fausse p. 221 bravoure, & aux autres par leurs dangereux exemples. Ces vers expliquoient cette seconde Devise.

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p. 220A la seconde Face du Piédestal estoient des Chaînes, avec ce mot Coërcent.

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Hercule descendu aux Enfers en tira Cerbere, & l’emmena enchaîné sur la terre. C’est un symbole, qui par les chaînes dont ce Monstre fut lié, nous représente les Loix & les Ordonnances, par lesquelles Sa Majesté a arresté la fureur des Duellistes, qui comme autant de Chiens monstrueux, ardens à se déchirer les uns les autres, s’ouvroient l’Enfer à eux-mesmes par leur fausse p. 221 bravoure, & aux autres par leurs dangereux exemples. Ces vers expliquoient cette seconde Devise.

Arrestez vos transports, Combatans Sanguinaires,
Puis que nostre Hercule François
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MERCURE GALANT.

Impose des liens à vos Bras teméraires.

La troisième Face du Piédestal estoit chargée d’un Flambeau, avec ce mot, Exurit.

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Hercule brûla les Testes renaissantes de l’Hydre contre laquelle il avoit employé le fer inutilement.p. 222Ainsi il a fallu recourir aux derniers remedes contre les Empoisonneurs, dont les desordres n’auroient point cessé, si la clemence du Roy n’eust esté inéxorable. La rigueur du feu, en les reléguant dans les abîmes d’où ils paroissent sortis, a esté un châtiment trop doux pour leurs crimes. Ainsi on a pû leur dire,

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Hercule brûla les Testes renaissantes de l’Hydre contre laquelle il avoit employé le fer inutilement.p. 222Ainsi il a fallu recourir aux derniers remedes contre les Empoisonneurs, dont les desordres n’auroient point cessé, si la clemence du Roy n’eust esté inéxorable. La rigueur du feu, en les reléguant dans les abîmes d’où ils paroissent sortis, a esté un châtiment trop doux pour leurs crimes. Ainsi on a pû leur dire,

Horribles Monstres de la Terre,
Portez vos funestes poisons
Dans les soûterraines prisons ;
Aux serpens, aux Démons, allez faire la guerre.
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p. 223La derniere Face du Piédestal avoit pour Devise la Massuë d'Hercule avec ce mot Profligat.

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S’il n’estoit point d’Ennemis dont Hercule ne vinst à bout avec sa Massuë, combien les Armes de Sa Majesté se sont-elles signalées par les déroutes de l’Ennemy commun des Chrestiens La Hongrie, la Pologne, l’Isle de Candie & la Mer Méditerranée ont esté témoins de ces défaites ; & ce qu’il faut sur tout remarquer, c’est la Massuë avec laquelle Hercule p. 224 remporta tant de victoires, estoit de bois d’Olivier, si nous en croyons les Poëtes. Rien ne peut mieux convenir aux Armes du Roy L’Olivier est le symbole de la Paix , & LOÜIS LE GRAND n’a fait la guerre que pour porter partout les Olives. C’est par là qu’on luy fait dire fort justement

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p. 223La derniere Face du Piédestal avoit pour Devise la Massuë d'Hercule avec ce mot Profligat.

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S’il n’estoit point d’Ennemis dont Hercule ne vinst à bout avec sa Massuë, combien les Armes de Sa Majesté se sont-elles signalées par les déroutes de l’Ennemy commun des Chrestiens La Hongrie, la Pologne, l’Isle de Candie & la Mer Méditerranée ont esté témoins de ces défaites ; & ce qu’il faut sur tout remarquer, c’est la Massuë avec laquelle Hercule p. 224 remporta tant de victoires, estoit de bois d’Olivier, si nous en croyons les Poëtes. Rien ne peut mieux convenir aux Armes du Roy L’Olivier est le symbole de la Paix , & LOÜIS LE GRAND n’a fait la guerre que pour porter partout les Olives. C’est par là qu’on luy fait dire fort justement

J’aime à faire la guerre
J’aime à lancer les tonnerres
Mais mes plus ardens souhaits
Sont de donner la paix.
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Dans la Base de la Machine paroissoient aux quatre p. 225 coins quatre Animaux vaincus par Hercule sçavoir l’Hydre, Cerbere, le Lyon &le Sanglier. Ils produisirent un tres-bel effet vomissant des feux avec grand bruit jusqu’à ce qu’ils en eussent esté entierement consumez.Autour de la Base on voyoit huit des plus considérables Travaux d'Hercule par rapport aux Actions Héroïques de nostre auguste Monarque. Toute la Machine luy estoit dédiée, avec ces mots que le feu rendit visibles,Herculi Christianissimo. p. 226 On lisoit au bas,Post domita Monstra dans ces trois lettres initiales,P.D.M. Les Habitans de Valenciennes firent aussi voir une Devise, qui expliquoit le bonheur qu’ils trouvent dans l’obeïssance qu’ils rendent au Roy. C’estoit un Char traîné par des Cignes avec ces paroles, Sic Seruire iuvat. Ces quatre Vers les faisoient entendre. +

Dans la Base de la Machine paroissoient aux quatre p. 225 coins quatre Animaux vaincus par Hercule sçavoir l’Hydre, Cerbere, le Lyon &le Sanglier. Ils produisirent un tres-bel effet vomissant des feux avec grand bruit jusqu’à ce qu’ils en eussent esté entierement consumez.Autour de la Base on voyoit huit des plus considérables Travaux d'Hercule par rapport aux Actions Héroïques de nostre auguste Monarque. Toute la Machine luy estoit dédiée, avec ces mots que le feu rendit visibles,Herculi Christianissimo. p. 226 On lisoit au bas,Post domita Monstra dans ces trois lettres initiales,P.D.M. Les Habitans de Valenciennes firent aussi voir une Devise, qui expliquoit le bonheur qu’ils trouvent dans l’obeïssance qu’ils rendent au Roy. C’estoit un Char traîné par des Cignes avec ces paroles, Sic Seruire iuvat. Ces quatre Vers les faisoient entendre.

Le joug que le Ciel nous impose,
Nous donne tant de Gloire & de prospérité,
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p. 227 Qu’il nous fait sentir quelque chose
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p. 227 Qu’il nous fait sentir quelque chose
De plus doux, de plus cher que n’est la liberté.

Cette Devise fut trouvée d’autant plus juste, que les cignes servent de Suposts aux Armes deValenciennes.

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Le 7. Le Roy alla au Quesnoy, accompagné de Monseigneur le Dauphin. C’est une petite Ville assez forte, & renommée pour son trafic, qui n’est éloignée de Valenciennes que de trois lieuës. Sa Majesté, apres p. 228 avoir fatigué à son ordinaire, en revint le soir. Pendant ce temps,la Reyne estoit allée voir l’Abbaye de Vicogne, à une lieuë de la mesme Ville. Elle est de l’Ordre de Prémontré, tres-belle et tres-ancienne, ayant esté bastie l’an 425. & a une bibliothèque fort curieuse. Il y a quelques années que cette Abbaye ayant vaqué,le Roy la donna à Mr le Cardinal de Boüillon. Avant de quitter Valenciennes il faut vous en dire quelque chose. L’origine p. 229 de son nom est incertaine. Les uns la tirent de l’Empereur Valentinian, &les autres d’un Chasteau appellé le Val des Cignes, parce qu’il estoit situé en un lieu où l’on voyait quantité de ces Oyseaux. Cette Ville est grande, & a des palais antiques & de tres-belles Eglises. Elle est d’un costé dans la terre ferme, & de tous les autres dans des Marais. Elle fut prise en 1677. Par celuy qui est dans la terre-ferme, & qu’on appelle costé de l’attaque. On a abbatu de p. 230 ce costé-là une partie d’une Ruë pour faire un Réduit en forme de Citadelle, qui présente deux Bastions vers la Ville, & qui est fermé de l’autre costé par l’Enceinte de la Place. Ce Réduit est joint à un Ouvrage presque ovale, appellé Pasté, environné d’un Fossé assez profond, & d’un Rempart fort haut. L’Escaut passe entre le Pasté &la Citadelle. Le Pasté est enfermé dans une grande Demy-Lune, & cette Demy-lune dans un Ouvrage à cornes, couvert de Ravelins, p. 231 qui a esté fait pour occuper une partie d’une Hauteur. Le reste de la Ville est environné de Bastions qu’on revest, & qu’on augmente. Le Roy estant party le 8. De Valenciennes, vint à Bouchain, & en visita les Fortifications.

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Le 7. Le Roy alla au Quesnoy, accompagné de Monseigneur le Dauphin. C’est une petite Ville assez forte, & renommée pour son trafic, qui n’est éloignée de Valenciennes que de trois lieuës. Sa Majesté, apres p. 228 avoir fatigué à son ordinaire, en revint le soir. Pendant ce temps,la Reyne estoit allée voir l’Abbaye de Vicogne, à une lieuë de la mesme Ville. Elle est de l’Ordre de Prémontré, tres-belle et tres-ancienne, ayant esté bastie l’an 425. & a une bibliothèque fort curieuse. Il y a quelques années que cette Abbaye ayant vaqué,le Roy la donna à Mr le Cardinal de Boüillon. Avant de quitter Valenciennes il faut vous en dire quelque chose. L’origine p. 229 de son nom est incertaine. Les uns la tirent de l’Empereur Valentinian, &les autres d’un Chasteau appellé le Val des Cignes, parce qu’il estoit situé en un lieu où l’on voyait quantité de ces Oyseaux. Cette Ville est grande, & a des palais antiques & de tres-belles Eglises. Elle est d’un costé dans la terre ferme, & de tous les autres dans des Marais. Elle fut prise en 1677. Par celuy qui est dans la terre-ferme, & qu’on appelle costé de l’attaque. On a abbatu de p. 230 ce costé-là une partie d’une Ruë pour faire un Réduit en forme de Citadelle, qui présente deux Bastions vers la Ville, & qui est fermé de l’autre costé par l’Enceinte de la Place. Ce Réduit est joint à un Ouvrage presque ovale, appellé Pasté, environné d’un Fossé assez profond, & d’un Rempart fort haut. L’Escaut passe entre le Pasté &la Citadelle. Le Pasté est enfermé dans une grande Demy-Lune, & cette Demy-lune dans un Ouvrage à cornes, couvert de Ravelins, p. 231 qui a esté fait pour occuper une partie d’une Hauteur. Le reste de la Ville est environné de Bastions qu’on revest, & qu’on augmente. Le Roy estant party le 8. De Valenciennes, vint à Bouchain, & en visita les Fortifications.