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Genres
#Genre d’une pièce
La théorie des genres a une longue histoire que les humanités numériques ne trancheront pas. Il est indispensable d’enregistrer l’intitulé tel que l’auteur l’indique sur le livre imprimé, mais, on observe que derrière l’apparente variété (jusqu’à 80), les genres les plus massivement représentés sont la tragédie et la comédie, d’autant plus si la tragi-comédie est ramenée à la tragédie, ou la farce à la comédie. [IG: absolument d'accord; je ne sais pas d'où viennent les 80 catégories de CESAR, mais pour beaucoup je subodore qu'il s'agit de créations des auteurs du site, inférées certes à partir des pièces, mais non pas proposées par les dramaturges.] La question simple à résoudre, c’est de spécifier où inscrire cette information dans un fichier XML/TEI.P5. Le vrai problème vient ensuite, c’est d’arrêter une liste de termes si possible close pour rapprocher les genres proches, notamment lorsque l’on veut faire des statistiques comparées (ex : proportion des sexes selon les genres).
<!-- Enregistrer le genre d’une pièce dans le <teiHeader> d’un fichier XML/TEI.P5 -->
<TEI xmlns="http://www.tei-c.org/ns/1.0" xml:lang="fr">
<teiHeader>
<profileDesc>
<textClass>
<keywords>
<!--
D’autres termes peuvent être librement ajoutés,
par exemple pour le lieu où se passe l’histoire, le théâtre de la première,
cela demande à fixer une liste close de valeurs pour l’attribut @type.
Le contenu de l’élément est libre, ce qui permet d’enregistrer l’intitulé
exact voulu par l’auteur.
L’attribut @subtype permet d’arrêter une liste de valeurs regroupantes pour les
applications et les analyses.
-->
<term type="genre" subtype="comedy">Comédie ennuyeuse</term>
</keywords>
</textClass>
</profileDesc>
</teiHeader>
</TEI>
Commentaire Ioana Galleron
"Term" est, effectivement, le moyen le plus économique pour ajouter cette information dans les textes encodés. Je me demande du coup s'il faudrait ajouter "term" aussi dans l'encodage des titres, où on a souvent
<title type="desc">Comédie</title>
Plus fondamentalement, je me demande s'il faut passer beaucoup de temps sur cette question, non pas parce qu'elle serait difficile à résoudre (elle l'est, très certainement!), mais parce qu'en s'y essayant on reste peut-être prisonniers d'un mode de réflexion tributaire des catégories classiques.
En effet, chercher à corréler genre littéraire et sexes suppose une définition du premier indépendante de la présence des seconds; c'est effectivement le cas dans les théories traditionnelles du théâtre, où le genre dépend de la condition des personnages (rois et princes vs. "particuliers"), et non pas de leur sexe. Or, d'une part il se peut qu'on puisse démontrer que la proportion hommes/ femmes est définitoire pour une tragédie vs. une comédie (c'est peut-être un truisme, ou un non-sens, mais à voir...), et d'autre part il ne faut pas oublier que ces théories traditionnelles sont situées dans un certain contexte, dans un certain espace idéologique, où l'entrée par le sexe n'est pas importante. Est-ce que grâce aux DH on ne peut pas envisager des redéfinitions, de nouvelles catégories, en fonction de nouvelles récurrences observables par distant reading, comme sexe+ retournements de situation+changements de lieu, etc? Les noms de ces catégories seraient à inventer, et se posera la question des raisons de leur existence, car il ne suffit pas d'observer, il faut faire des hypothèses quant à la raison d'existence de l'observé. Mais tout le travail du critique littéraire n'est-il pas de trouver de nouveaux "motifs dans le tapis", puis de s'interroger sur les raisons d'existence de ces motifs?
A-t-on le droit de procéder ainsi, avec des catégories étrangères à la période envisagée? Mais... pourquoi pas? On l'a toujours fait, et pour de bien plus mauvaises raisons; j'en sais quelque chose à propos de la "comédie de moeurs", désignée ainsi par pur impressionnisme et moralisation oblige.