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<title>Mercure galant, juin 1680 [tome 8].</title>
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<edition>OBVIL/IREMUS</edition>
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<name>Nathalie Berton-Blivet</name>
<resp>Responsable éditorial</resp>
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<name>Anne Piéjus</name>
<resp>Responsable éditorial</resp>
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<name>Vincent Jolivet</name>
<resp>Édition numérique</resp>
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<publisher>Sorbonne Université, LABEX OBVIL</publisher>
<date when="2015"/>
<idno>http://obvil.sorbonne-universite.fr/corpus/mercure-galant/MG-1680-06/</idno>
<availability status="restricted">
<licence target="http://creativecommons.org/licenses/by-nc-nd/3.0/fr/"><p>Copyright © 2019
Sorbonne Université, agissant pour le Laboratoire d’Excellence « Observatoire de la
vie littéraire » (ci-après dénommé OBVIL).</p>
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<p>Pas de Modification : l’OBVIL s’engage à améliorer et à corriger cette ressource
électronique, notamment en intégrant toutes les contributions extérieures, la
diffusion de versions modifiées de cette ressource n’est pas
souhaitable.</p></licence>
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<bibl><title>Mercure galant</title>, juin <date>1680</date> [tome 8].</bibl>
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<div type="article" xml:id="MG-1680-06_057" copyOf="JLB-MG-1680-06_034" resp="mercure">
<head>Air nouveau</head>
<bibl><title>Mercure galant</title>, juin 1680 [tome 8], p. 57-58.</bibl>
<p>On a travaillé sur les Paroles de Mademoiselle Castille que je vous envoyay dans ma
Lettre du mois d’Avril <note resp="editor" >Les paroles de cet air avaient été publiées en avril précédent (cf. <ref target="MG-1680-04_242">cet article</ref>). Elles ont fait l'objet de deux mises en musique : celle-ci et <ref target="MG-1680-06_209">celle de Charpentier</ref>.</note>. Il me souvient qu’elles vous parurent agreablement tournées, &
cela m’oblige à vous les donner aujourd’huy en Air. La Note est de M<hi rend="sup">r</hi>
Besson de Lyon.</p>
<quote>
<label>AIR NOUVEAU.</label><note
resp="author" place="margin"><hi rend="i">Avis pour placer les Figures</hi> : l’Air le
plus petit, doit regarder la page 58.</note>
<lg>
<l rend="i">
<space rend="tab"> </space><space rend="tab"> </space>Ah qu’ils sont courts</l>
<l rend="i">
<space rend="tab"> </space><space rend="tab"> </space><space rend="tab"> </space>Les
beaux jours</l>
<l rend="i">
<space rend="tab"> </space>D’une Fleur Printaniere !</l>
<l rend="i">C’est ainsi que s’enfuit la saison des Amours.</l>
<l rend="i">Hastez-vous donc d’aimer, ô jeune Beauté fiere,</l>
<l rend="i">Hastez-vous, on n’est pas jeune & belle toûjours.</l>
</lg>
</quote>
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</figure>
</ref>
</div>
<div type="article" xml:id="MG-1680-06_066" resp="mercure">
<head>[Les Arts, les Sciences, & les Armes employez par l’Hymenée, pour le Mariage de
Monseigneur le Dauphin. Comédie]</head>
<bibl><title>Mercure galant</title>, juin 1680 [tome 8], p. 66-88.</bibl>
<p>Cette avanture de Mariage me fait souvenir d’une Piece toute pompeuse qui fut représentée
le 13. de l’autre Mois dans le College Royal des Jesuites de la Flêche, qui passe pour un
des plus magnifiques de toute l’Europe. Elle avoit pour titre, <hi rend="i">Les Arts, les
Sciences, & les Armes, employez par l’Hymenée pour le Mariage de Monseigneur le
Dauphin.</hi> Ce Dieu voulant faire quelque chose de superbe pour une si importante
occasion, sans avoir recours ny à Minerve ny à Apollon, ny à Mars, se servit pour ce
dessein des Amours ses Freres, les jugeant capables de fournir à tout. Ainsi des Amours
déguisez en Artisans, en Sçavans, & en Guerriers, firent les trois parties de cette
Piece.</p>
<p>Dans la premiere qui estoit des Arts, le Theatre représentoit une grande Salle où
estoient plusieurs Apartemens. Divers Amours Artisans y travailloient, Peintres,
Sculpteurs, Forgerons, Musiciens, & autres, & dans le fond estoit cette
Inscription en lettres d’or, <hi rend="i">Quas non se fingat ad Artes</hi> ? Tous ces
Artisans invitez par l’Hymenée à faire voir leur travail, ouvrirent le Theatre &
formerent une Dance, chacun avec l’Instrument qui estoit propre à son Art. Apres cela ils
vinrent présenter leurs Ouvrages à l’Hymenée. Le Peintre apporta le Portrait de Madame la
Dauphine ; le Sculpteur, la Médaille de Monseigneur le Dauphin ; & les Forgerons, les
cœurs de l’un & de l’autre formez sur ceux des plus grands Princes & des plus
grandes Princesses que nous ait vantez l’Histoire. Les Musiciens firent à leur tour un
Opéra. Le sujet estoit une Alliance feinte d’un Dauphin qu’une Sirene avoit sçeu charmer
par la douceur de son chant. Tout estoit allégorique dans cette Alliance, & avoit
raport à ce qui s’estoit passé dans le Mariage de Monseigneur le Dauphin. La Sirene, les
Tritons, les Nymphes de la Seine, & les autres Divinitez des Eaux, composerent un
agreable Concert qui termina cette Scene. Pendant que ce petit Opéra satisfaisoit les
oreilles, on avoit pris soin du plaisir des yeux, en faisant paroistre une Peinture qui
représentoit un Dauphin attiré par le chant d’une Sirene, avec ces paroles, <hi rend="i"
>Trahitur dulcedine cantus</hi>. Voicy ce qui a esté fait sur cette idée.</p>
<p>[suit une fable, <hi rend="i">Le dauphin et la sirène</hi>, p. 72-77 ]</p>
<p>Les Amours qui avoient pris la Dance pour leur party, firent la derniere Scene de la
premiere Partie dont j’ay commencé de vous parler, & représenterent le Balet des
Fleurs qui disputoient entr’elles, à qui auroit l’avantage de composer la Couronne de
Madame la Dauphine. Le Lys fut preferé aux autres Fleurs par le jugement de l’Hymenée. A
peine eut il prononcé en sa faveur, qu’on fut étonné de ne voir plus que des Lys, qui
formerent une espece de Couronne en dançant. Une nouvelle Peinture augmenta en mesme temps
les ornemens du Theatre. Elle fit paroistre un Lys élevé au dessus des autres Fleurs, qui
sembloient se pancher pour luy rendre leurs hommages, avec cette Inscription, <hi rend="i"
>Plebeii cedite Flores.</hi></p>
<p>Les Amours de la seconde Partie avoient pris les Sciences pour leur partage ; &
l’explication de ces paroles qui se lisoient, <hi rend="i">Cessit Parnassus Amorii</hi>,
fut aisée à faire, quand on vit Apollon & les Muses quiter le Parnasse pour les en
laisser les maistres. Dans le mesme temps on entendit un agreable Concert, où ceux-cy
témoignoient leur joye de cet avantage, & celuy-là son chagrin d’estre obligé de ceder
sa Lyre à un des Amours.</p>
<p>Ce Concert finy, le Parnasse avança sur le Theatre, & dix Amours couronnez tous de
Laurier, en descendirent dans le mesme instant, l’un ayant l’équipage d’Apollon, & les
neuf autres tenant à leur main les Instrumens qui distinguent chaque Muse. Ils firent une
tres-agreable Entrée de Balet, & apres qu’ils eurent présenté divers Ouvrages faits à
l’honneur de Monseigneur le Dauphin & de Madame la Dauphine, ils terminerent cette
Partie par la Fable du Dauphin placé au Ciel, pour avoir reçeu Arion sur son dos lors
qu’il se précipita dans la Mer. L’Amour Apollon présidoit à cette Cerémonie celeste, &
mit le Dauphin aupres de la Lyre, du Cigne, & des Astres qui ont quelque raport avec
les Sçavans.</p>
<p>La troisiéme Partie de cette Piece comprenoit l’exercice des Armes. Le Theatre
représentoit une espece de Camp où plusieurs Troupes d’Amours Guerriers estoient sous
diverses Tentes. Ils sortirent formant divers petits Escadrons, avec les Armes, Simboles,
& Enseignes ordinaires des Guerriers ; & dans la principale peinture de la
Décoration paroissoit un Mars, dont ces paroles qui se lisoient au-dessus marquoient la
surprise. <hi rend="i">Miratur telis æmule tela suis.</hi> Ils commencerent par un
Tournoy ; & comme les Amours sçavans avoient placé le Dauphin au Ciel, les Amours
Guerriers le rendirent victorieux dans un Combat que les Astres firent. Les Tenans pour le
Dauphin estoient le Soleil, qui représentoit le Roy ; la Planete de Jupiter, qui
représentoit Monsieur ; celle de Mars, qui représentoit Monsieur le Prince ; & les
Astres des Bourbons, qui représentoient les autres Princes de la Maison Royale. (Vous
sçaurez, Madame, que les Astronomes ont donné le nom d’Astres des Bourbons à de petites
Planetes qui sont toûjours autour du Soleil, & qui l’accompagnent & le suivent.)
On voyoit pour Assaillans l’Aigle celeste qui représentoit l’Empereur ; le Lyon celeste,
qui représentoit l’Espagne & la Flandre ; la Lune ou le Croissant, qui représentoit le
Grand-Seigneur. D’abord deux Hérauts s’avancerent en dançant, suivis des Pages qui
tenoient les Lances des Combatans. Le Cartel des Tenans fut publié par le premier des
Hérauts. L’autre y répondit, & les Tenans & les Assaillans s’estant joints à eux,
repéterent le mesme Cartel, le tout en chantant. Cela fait, on commença le Tournoy. On y
combatit avec trois sortes d’Armes, la Lance, le Sabre, & le Poignard. Apres ces
combats, la Couronne celeste se présenta au Dauphin, qui par l’apuy du Soleil, estoit
demeuré Vainqueur des autres Astres. La Couronne dança seule, & fit la derniere Entrée
de ce Balet. Chaque Astre avoit son Recit & la Devise qui tomboient également sur
l’Astre, & sur la Personne qu’il représentoit. Ces premiers Guerriers s’estant
retirez, firent place à d’autres Amours Guerriers qui représentoient les Nations. Ces
Nations estoient le François, l’Espagnol, l’Anglois, l’Italien, & le Hollandois. Ils
firent un Carrousel, où le François qui marquoit Monseigneur le Dauphin, emporta la Bague.
Ils avoient tous leur Récit & leur Devise, selon le caractere de la Nation. L’Hymenée
qui avoit promis un Carquois doré à celuy qui réüssiroit le mieux, ne sçachant à qui le
donner, parce qu’ils l’avoient tous également bien servy, avoüa que l’Amour estoit le plus
habile des Artisans, le plus ingénieux des Sçavans, & le plus adroit des Guerriers,
& que rien ne le pouvoit récompenser dignement, que la gloire d’avoir travaillé pour
un Prince & une Princesse d’un aussi grand mérite que ceux qu’il avoit voulu honorer
par cette Feste.</p>
<p>La Piece fut représentée par un grand nombre d’Enfans de qualité, la plûpart
Pensionnaires des Peres Jesuites. L’Assemblée estoit composée du Présidial, & des
autres Corps de la Ville. Le Prince Loüis de Wirtemberg Filleul du Roy, s’y trouva avec
quantité de Seigneurs & Gentilshommes Allemans, Polonois, & Anglois, & presque
toute la Noblesse du Païs. L’aprobation fut generale, & il n’y eut personne qui
n’avoüast que depuis longtemps, on n’avoit rien veu de plus beau dans ce grand College.
J’adjoûte le Dialogue des Fleurs dont il est parlé dans la premiere Partie. [suit le texte
du <hi rend="i">Ballet des fleurs ou la victoire du lys</hi>, p. 89-108] </p>
</div>
<div type="article" xml:id="MG-1680-06_110" resp="mercure">
<head>[Galanterie faite à Crusy aupres de Tonnerre]</head>
<bibl><title>Mercure galant</title>, juin 1680 [tome 8], p. 110-114.</bibl>
<p>Il n’y a ny magnificence, ny galanterie, dont les Particuliers ne soient aujourd’huy
capables en France. Une Cerémonie de Pain-benit vous le fera voir. Un vieux Garçon de
Crusy, petite Ville aupres de Tonnerre, ayant à s’en acquiter le Dimanche 12. de May, se
rendit à l’Eglise de S. Barthelemy sa Paroisse dans l’ordre qui suit. Quatre Hautbois
& vingt Violons assemblez chez luy, sortirent d’abord, faisant retentir l’Hymne du
Patron sur leurs Instrumens. Apres eux parurent douze jeunes Filles vétuës de blanc,
couronnées de fleurs, & ayant toutes un Cierge à la main. Elles précedoient le
Pain-benit, qui estoit porté par quatre Garçons aussi couronnez de fleurs, &
tres-proprement vétus. Ils avoient chacun une Echarpe blanche à frange d’argent. Dix pas
derriere marchoit l’Autheur de la Feste, avec une grande Tavayole sur l’épaule, & au
dessous, une riche Echarpe de tafetas incarnat à frange d’or. Il estoit suivy d’un fort
grand nombre d’Amis conviez qui alloient en ordre. Il y eut une tres-bonne Musique pendant
la Messe, & les Hautbois & les Violons tinrent la place des Orgues. On distribua
plus de deux cens Cierges à tout ce qui se trouva dans l’Eglise de Jeunesse non mariée au
dessus de l’âge de douze ans, pour la cerémonie de l’Offrande. Celuy qui rendoit le
Pain-benit, l’offrit luy-mesme dans l’équipage que je vous viens de marquer. La Messe
finie, il s’en retourna dans le mesme ordre. Quatre Tables estoient préparées chez luy. La
premiere fut remplie par le Clergé ; la seconde, par les Magistrats & Corps de Ville ;
la troisiéme, par la Jeunesse qui l’avoit accompagné ; & la derniere, par quelques
Amis appellez des environs. Ces quatre Tables furent servies sans confusion à sept
diférens Services, & le Régal dura jusqu’au soir. La nuit venuë, le Régalant sortit de
chez luy, suivy de six Violons, & précedé de six jeunes Filles avec des Flambeaux.
Dans cet appareil, il alla porter le Chanteau à celuy que la mesme Cerémonie regardoit
pour le Dimanche suivant.</p>
</div>
<div type="article" xml:id="MG-1680-06_209" resp="mercure">
<head>[Autre air sur les paroles de Mademoiselle de Castille]*</head>
<bibl><title>Mercure galant</title>, juin 1680 [tome 8], p. 209-210.</bibl>
<p>Vous aurez tout lieu d’estre contente de moy sur les Vers de Mademoiselle Castille qui
vous ont tant plû <note resp="editor">Les paroles de cet air avaient été publiées en avril précédent (cf. <ref target= "MG-1680-04_242">cet article</ref>. Elles ont fait l'objet de deux mises en musique : celle de Bellon (cf. <ref target= "MG-1680-06_057">cet article</ref>) et celle-ci.</note>, & que vous aurez déjà veus notez au commencement de cette Lettre. Je vous les donne
encor une fois avec d’autres Notes, afin que vous les puissiez chanter diféremment. M<hi
rend="sup">r</hi> Charpentier qui vient de les mettre en Air, en a fait une façon de
Rondeau. Vous y trouverez ce caractere aisé & particulier qui vous fait aimer tous ces
Ouvrages. Examinez celuy-cy ; mais en chantant,</p>
<quote><hi rend="i">Ah qu’ils sont courts les beaux jours, &c.</hi><note resp="author"
place="margin"><hi rend="i">Avis pour placer les Figures</hi> : l’Air le plus grand,
doit regarder la page 209.</note></quote>
<p>n’oubliez pas que vous devez profiter de la moralité de ces Vers.</p>
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<figure>
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</figure>
</ref>
</div>
<div type="article" xml:id="MG-1680-06_210" resp="mercure">
<head>[Mort de M. Emery de Provence]</head>
<bibl><title>Mercure galant</title>, juin 1680 [tome 8], p. 210-212.</bibl>
<p>L’amitié que vous avez pour la Musique, vous obligera sans-doute de prendre part à la
perte que celle de Provence a faite en la personne de M<hi rend="sup">r</hi> Emery.
C’estoit un Homme d’un fort grand mérite, & qui s’estoit acquis la réputation d’un des
meilleurs Musiciens de son temps. Il avoit appris sous les premiers Maistres d’Italie ;
& lors qu’il retourna en Provence, il se rendit d’abord si recommandable, qu’il y
avoit tres-peu de Chapitres où l’on ne chantast de sa Musique. Aussi n’estoit-ce qu’à luy
qu’on avoit recours quand il s’agissoit de quelque Solemnité dans tous les endroits de la
Province. Il se seroit fait encor mieux connoistre, s’il n’eust préferé son Canonicat de
Pignans à tous les avantages qu’on luy offroit. Il est extrémement regreté de tous ceux
avec qui il avoit quelque habitude, & sur tout de M<hi rend="sup">r</hi> le Comte de
Grignan qui l’honoroit de son estime particuliere. </p>
</div>
<div type="article" xml:id="MG-1680-06_249" resp="mercure">
<head>[Tout ce qui s’est passé à Fontainebleau]</head>
<bibl><title>Mercure galant</title>, juin 1680 [tome 8], p. 249-254.</bibl>
<p>À l’égard des Divertissemens de la Cour, la Comédie continuë toûjours à faire un de ses
plaisirs. Les François l’y représentent deux fois la semaine, & les Italiens une. Quoy
que Madame la Dauphine aime beaucoup plus les Pieces sérieuses que les Comiques, elle ne
laisse pas de goûter les naïvetez d’Arlequin, qui satyrise agreablement les Modes outrées.
Cette Princesse commença à se promener à cheval les Festes de la Pentecoste. Elle n'y
avoit jamais monté, & on l'on fut surpris de luy voir autant d'adresse & de bonne
grace dans cet Exercice, que si elle s'y estoit faite de fort longue main. Elle manioit
son Cheval sans aucune peine, & vouloit mesme galoper dés le premier jour. Toutes les
Dames qui l'accompagnoient, avoient des Perruques. Elle estoit la seule qui fust coifée
avec ses cheveux. On en avoit fait plusieurs boucles noüées de Rubans. Ses Filles
d'Honneur faisoient admirer leur propreté. Elle pouvoit estre grande, le Roy leur ayant
donné dequoy se mettre en équipage de Chasse, pour suivre cette Princesse dans toutes ses
Cavalcades. Madame estoit de cette Partie. Je ne vous en diray rien. Vous sçavez que c'est
une Amazone à cheval, & qu'il est peu d'Hommes qui ayent plus de vigueur qu'elle dans
cet Exercice. Madame la Princesse de Conty accompagnoit aussi Madame la Dauphine, avec le
bon air & la grace qui luy est si naturelle. Le Roy & Monseigneur se promenerent
avec cette belle & galante Troupe, & rien n'estoit si brillant à voir que toute la
Cour à cheval, avec des Habits aussi magnifiques que bien entendus.</p>
<p>Si Madame la Dauphine donne de nouveaux sujets d'admiration par son adresse, elle en
donne tous les jours par son esprit de fort glorieux pour elle. Tout ce qu'elle dit a un
tour fin qui en fait briller la vivacité ; & la réponse qu'elle fit dernierement à
M<hi rend="sup">r</hi> l'Archevesque de Paris qui l'avoit complimentée à la teste du
Clergé, charma tout le monde. Il avoit esté auparavant chez le Roy & chez Monseigneur.
La Harangue que cet illustre Prélat fit à Sa Majesté, avoit pour sujet le zele qu'Elle a
toûjours eu pour l'interest de l'Eglise.</p>
</div>
<div type="article" xml:id="MG-1680-06_263" resp="AP ajout 07/05/2021">
<head>[Reception de M. de Beauchamp dans la place de Chancelier de l’Académie Royale de
Dance »]</head>
<bibl><title>Mercure galant</title>, juin 1680 [tome 7], p. 263-268</bibl>
<p/>
<p> Vous avez souvent entendu parler des Académies Royales de Sculpture & de Peinture.
Celle de Musique éclate assez tous les jours, mais je croy que vous ne sçavez pas encor
qu’il y en a une de Danse. Elle fut établie en 1661. par Lettres Patentes du Roy verifiées
en Parlement le 30. Mars de l’année suivante. Le S<hi rend="sup">r</hi> le Petit,
Imprimeur & Libraire de Sa Majesté, en a imprimé un Livre en 1663. Où avec les Lettres
d’Etablissement, & l’Enregistrement qui en a esté fait, on voit les Statuts qui
doivent estre observez dans l’Académie, & un Discours sur les avantages de la Danse.
Ces Statuts portent que cette Académie, dont le Roy a bien voulu estre le Protecteur,
& à laquelle il a donné M<hi rend="sup">r</hi> le Duc de Saint Aignan pour
Vice-protecteur, sera composée des plus anciens & plus expérimentés Maistres à danser,
au nombre de treize, qui auront un Chancelier. Le S<hi rend="sup">r</hi> Galand du Desert,
qui a eu le premier cette qualité, estant mort depuis peu de temps, M<hi rend="sup">r</hi>
le Duc de Saint Aignan a nommé le S<hi rend="sup">r</hi> de Beauchamp, l’un des anciens
Académistes, pour remplir sa place. Vous sçavez qu’il est le Compositeur des Balets du
Roy, & le Chef de ses Danseurs. Les autres qui composent L’Académie, dont le S<hi
rend="sup">r</hi> Renauld, qui en est le Secretaire, & les S<hi rend="sup">rs</hi>
Desert Fils du defunt Chancelier, Queru, de Manthe, Raynal l’aîné, Desert l’aîné, Piquet
l’aîné, Desert l’aîné, Reynal cadet, Desert cadet, Dégan, le Chantre, & S. André.</p>
</div>
<div type="article" xml:id="MG-1680-06_289" resp="louise">
<head>[Palais royal de Madrid]*</head>
<bibl><title>Mercure galant</title>, juin 1680 [tome 8], p. 289-291.</bibl>
<note resp="author" place="margin"><hi rend="i">Avis pour placer les Figures</hi> : La Veuë
du Palais de Madrid, doit regarder la page 290.</note>
<p>Je croy, Madame, que devant avoir d’assez fréquentes occasions de vous parler de la Cour
d’Espagne, vous approuverez le dessein que j’ay de vous faire voir toutes les Maisons
Royales qui y sont considérables, & dont vous pouvez connoistre les noms. Je commence
par le Palais de Madrid, demeure ordinaire des Roys Catholiques. Cette Planche vous en
montre la Structure, à le regarder par la face de l’entrée. C’est un fort grand Corps de
Logis entre deux petits Pavillons, dont la couverture est en pointe de Clocher. La Façade
seule en est de Pierre. Les trois austres costez ne sont que de Brique, ainsi que toutes
les Maisons des Particuliers. Quantité de Balcons de Fer y font un grand embellissement.
Vous trouverez deux autres Faces du mesme Palais dans ma dixiéme Lettre Extraordinaire,
que j’auray soin de vous envoyer le quinziéme de Juillet.</p>
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<div type="article" xml:id="MG-1680-06_301" resp="mercure">
<head>[Mariage de M. Feuret avec Madame Doriau]</head>
<bibl><title>Mercure galant</title>, juin 1680 [tome 8], p. 301-305.</bibl>
<p>M<hi rend="sup">r</hi> Feuret, Seigneur d’Aubigny, Conseiller au Parlement de Bourgogne,
Petit-Fils de l’illustre M<hi rend="sup">r</hi> Feuret, qui a donné au Public le fameux
<hi rend="i">Traité de l’Abus</hi>, s’est marié depuis peu avec Madame Doriau, Veuve
d’un Capitaine de Cavalerie qui portoit ce nom. Elle est Fille de feu M<hi rend="sup"
>r</hi> Enin-Lietar, Comte de Roche, Lieutenant pour le Roy aux Ville & Citadelle de
Châlons, & Sœur de M<hi rend="sup">r</hi> le Comte de Roche Lieutenant aux Gardes. Ce
Mariage s’est fait à Châlons sur Saône, où s’estoient rendus les Parens des Mariez. M<hi
rend="sup">r</hi> Feuret Conseiller d’Eglise dans le mesme Parlement, & Chanoine de
la Sainte Chapelle de Dijon, leur donna la Benédiction Nuptiale. Toute l’Assemblée, apres
avoir passé huit jours à Châlons en diverses Festes, s’embarqua dans un Bateau tout doré,
& orné de plusieurs belles Peintures qui représentoient le Mariage de Psyché & de
l’Amour. Un autre Bateau suivoit, & estoit remply d’une Bande de Violons, meslez de
Hautbois. Dans cet équipage, les Mariez arriverent à Lyon, & réveillerent toutes les
Dames qui depuis le Carnaval sembloient avoir rompu commerce avec les Plaisirs. Pendant le
sejour qu’ils y ont fait, on n’a songé qu’à les divertir. C’estoit tous les jours quelque
nouvelle Partie. La derniere se fit à la Clere, où M<hi rend="sup">r</hi> de Varisan
Conseiller au Présidial de Lyon les régala. On avoit illuminé toutes les Allées du
Jardin ; & les Dames qui estoient toutes tres-propres, avoient des Bouquets des plus
belles Fleurs de la Saison. Le Repas fut d’une magnificence admirable. Il estoit à cinq
Services. Il y eut en suite un fort beau Concert. Les Mariez partirent le lendemain pour
retourner à Châlons, & se rendre de là à Dijon avec toute l’Assemblée de la Nôce. Tout
le monde a esté charmé de la jeune Mariée, qui par sa beauté, par sa douceur, & par
ses honnestetez, s’est acquis une estime genérale.</p>
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</body>
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</TEI>